Singapour – Premières Impressions (Reloaded)
Après plus d’un an sur ce petit point rouge du planisphère, je souhaite revenir sur les premières impressions exprimées l’an dernier dans “Singapour – Premières impressions” pour donner une image un peu plus terre-à-terre de la vie à Singapour.
Cout de la vie
Je reste sur ma position, Singapour offre un pouvoir d’achat sensiblement plus important que celui de la France. La vie ici est plus simple et confortable qu’en France car un budget mensuel permet de faire beaucoup de choses, à plus forte raison si c’est un salaire européen. Mise en garde toutefois : je suis célibataire (…) et de fait sans enfants, car le bât blesse: la scolarisation d’un enfant à Singapour représente un cout important pour les familles.
Seul hic quand même pour le célibataire, les loyers sont relativement chers. Je paye 350 Euros hors-charge pour une chambre assez simple dans un appartement, disons en “banlieue” même si le concept de banlieue n’existe pas ici (ou alors tout Singapour est une banlieue !). Et encore c’est du bas/moyen de gamme. Pour une chambre en “condominium” assez bien localisée, il faut compter 450 à 750 Euros, c’est pas donné à tout le monde.
Pour l’Asie c’est très cher, à titre d’exemple il faut compter 180 Euros/mois seulement pour la même chose dans la banlieue de Bangkok en Thaïlande.
Heureusement, le taux d’imposition reste bas. Le gouvernement encourage la croissance et le pouvoir d’achat au lieu de spolier ses citoyens à la manière d’une mafia. La TVA, bien qu’en début de croissance exponentielle reste de l’ordre de 7%, ce qui reste bien en deçà des 19.6% dont nous souffrons en France.
Tout cela ne se fait pas par magie, Singapour est un pays résolument plus libéral que socialiste. Ici les œuvres sociales (retraite, maladie, chômage…) ne sont pas tant que ça une affaire d’état, et c’est pas plus mal diront certains : “Aura du travail celui qui en créera ou celui qui aura du talent, sera en bonne santé celui qui prendra soin de lui, et aura une retraite heureuse celui qui s’en sera donné les moyens”. Telle pourrait être la devise de la politique sociale de Singapour. Certes un peu trop radicale, elle demeure néanmoins dans l’ensemble et à mon sens irrévocablement plus pertinente que la logique française; sur-sociale, couteuse, injuste et franchement peu incitatrice de talent et de compétition.
Le gouvernement possède ou est actionnaire majoritaire de beaucoup d’infrastructures de bien commun, comme le plus grand réseau de téléphonie mobile SingTel, les transports en commun (SBS Transit et SMRT), et la première compagnie de taxis (Comfort). CONTRAIREMENT aux équivalents français, (SFR, Bouygues, Orange, SNCF et RATP) les organismes singapouriens tablent sur une marge positive de l’ordre de 10% mais ne sont pas foncièrement dans une logique de maximisation du profit fait sur le client.
Ne me dites pas que c’est normal de payer 5,50 Euros pour un ticket de RER Evry/Paris (40 minutes, dans un RER en retard, tout sale et plein de racailles) et ne me dites pas que c’est normal de payer 20 Euros par mois pour 1 ou 2 heure de téléphonie mobile et 15cts le SMS alors qu’ici cela ne coute rien.
Transports
Même chose, à 0.5 Euros le kilomètre en TAXI (sans partager) on peut pas vraiment se plaindre. C’est encore plus scandaleusement pas cher en Malaisie avec environ 0.2 Euros le km de taxi. A ce prix là pas besoin de voiture…Récemment il ont innove, on peut envoyer un texto pour reserver un taxi et en 5 minutes il vous attend en bas de chez vous ou que vous soyez. Si ça c’est pas le pied sérieux ?!
Les prix du bus ont légèrement baissé et une nouvelle ligne de métro franchement pratique (Circle Line) ouvrira d’ici 2010.
Bouffe
J’étais tout fou dans mon premier article mais la vérité est la suivante.
Au début c’est génial on découvre en permanence de nouveaux repas, et avec le temps il faut de plus en plus ruser et se déplacer pour assurer un minimum d’originalité et de diététique dans son alimentation.
Les soupes on oublie parce que ça cale franchement pas un ventre gourmand. Omniprésentes elles suffisent toutefois à satisfaire l’appétit du petit (ou pas) corps singapourien.
Il faut rapidement oublier l’idée de manger autre chose que du riz à chaque repas. On sait pourtant que bien qu’il assure une portion critique de glucides, c’est loin d’être un aliment de qualité en raison de sa nature raffinée (sans fibres) et de fait de son fort indice glicémique.
Il ne faudra donc pas hésiter à se laisser aller à son coté touriste et redécouvrir de temps en temps les joies d’un bon repas français.
En vrac
Climat
Alors toujours aussi chaud et humide…c’est pénible.
Flashnews : Le 16/18 degrés dans les bus c’est pas pour faire les crâneurs avec la clim mais pour éviter le développement de moisissures dans le bus.
Populations & Cultures
Bon en fait de loin ça a l’air d’un melting pot mais Singapour est un pays très raciste. Un peu comme en Thaïlande, le Singapourien de type chinois divise les gens en 3 catégories :
L’Expat, dont le stéréotype est l’homme blanc et riche. On lui associe une supériorité qui passe bien entendu par l’argent mais aussi par l’intelligence. L’homme blanc est meilleur, et lorsque l’on est singapourienne de type SPG, il fait bon se caser avec un Ang Mo. L’espèce la plus redoutable est sans aucun doute l’expat célibataire commun, expatus solis communis. Hors-mis quelques exceptions, cette espèce à la fois diurne et nocturne est caractérisée par une activite sexuelle très intense avec une préférence irrévocable pour la population féminine locale. L’expat célibataire commun fait beaucoup la fête avec ses autres amis expats et boit beaucoup d’alcool. Il est riche, arrogant, et il paiera toujours pour mademoiselle afin de montrer que c’est un gentleman. Car nous le savons tous, pour être un gentleman, il faut et il suffit, de payer l’addition de Madame. L’expat est philanthropique et ouvert sur le monde, il entretient régulièrement une relation privilégiée avec les ambassadrices locales des Philippines et de la Thaïlande, permettant à ces dernières de contribuer à leur tour à la croissance de leurs pays respectifs.
L’égal. L’égal est une catégorie de gens pour qui le singapourien chinois n’a ni appréciation ni mépris particulier. L’égal est souvent Singapourien, mais quelques rares pays comme le Japon ou la Corée sont appréciés pour leur diversité culturelle et artistique. En effet, la mode à Singapour vient du Japon, et beaucoup de femmes singapouriennes sont accrocs aux séries TV coréennes.
L’inférieur. L’inférieur est typiquement bronzé, et à des mœurs différentes. Même si les Malais et les Indonésiens on un statut de quasi-égal du fait de l’histoire de Singapour, c’est un autre paire de manches avec les Indiens, Bangladais, Pakistanais, Philippins… Les indiens ont des mœurs résolument différentes (dans le sens incompatible) des mœurs de type chinoises et comme ils sont en minorité il sont sans aucun doute la cible première du racisme à Singapour. Pire peut être les bangladais, qui eux n’ont même pas eu la chance d’être installés à Singapour depuis plusieurs générations. Le stéréotype du bangladais est le balayeur de rues ou le maçon et autres professions pénibles et “déshonorantes” au sens singapourien. La Philippine est une maid, comprenez une sous-fifre bonne-à-tout-faire dans une famille singapourienne qui la maltraite ou dans une famille d’expatriés ou elle mange seule et s’occupe de l’éducation des enfants pendant que les parents de type Expat sont tous deux à l’étranger pour assurer les fonctions vitales….de leur entreprise, en somme ce qu’il y a de plus important dans la vie d’un couple avec des enfants. Quant au pakistanais : “ah bon ? Je croyais qu’il était indien…”. Ah oui, j’allais oublier, demander à un Singapourien si il est chinois de Chine est une insulte. Ils renient complètement leurs origines (pas si) lointaines et se voient comme une élite, plus civilises et sophistiques que la masse chinoise.
Faits Divers
Non, à Singapour les filles ne sont pas belles, la nuance est juste que les très très très très rares qui le sont le sont parfois beaucoup beaucoup beaucoup beaucoup.
Non à Singapour vous ne serez pas obligé de traverser à chaque passage-piéton de peur de prendre une amende de 1000 dollars. Singapour base toute sa politique de mise en garde grâce aux amendes. Ils ont compris que les Singapouriens sont très proches de leur portefeuille donc ils en jouent et ça marche bien! Mais en pratique, à part vraiment au centre genre Orchard Road, il n’y a pas de risques…du moins d’amendes. Même chose pour le fait de cracher, tous les uncles se raclent la gorge en public au moins 3 fois par jour, sans aucun doute une des premieres choses qui vous choquera à votre arrivee. Ce pack “Auntie style” comporte aussi rots, manicure, pedicures, gratages et reniflages en tout genres…le tout provenent souvent de femmes et dans des transports et lieux publics…pas glam.
Non, à Singapour on ne trouve pas un logement en 5 minutes, du moins pas si on cherche un truc bien avec des gens vivables.
Oui les chats sont toujours aussi débiles et paranos.
Les distributeurs de parapluie ? J’en ai vue 1, c’était à NUS, et je l’ai jamais vu marcher.
Même chose pour le détecteur d’urine, c’est de la dissuasion…


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kellie
C’est trés intéressant ce retour sur tes premières impressions. Parcontre je n’ai pas compris ce que voulais dire SPG et Ang Mo. Et toi comment te sens tu perçu par les singaporiens?
YB :
SPG : c’est par ici
Ang Mo : “homme blanc” en malais je crois
May 14th, 2009
Reply to “Singapour – Premières Impressions (Reloaded)”